L’industrie du textile-habillement occupe une place considérable dans l’économie nationale. Organisée autour d’un réseau dense de PME-PMI, elle est le premier employeur industriel en occupant 200.000 personnes, soit une part de 40%. Depuis le 1er janvier 2005, le système des quotas instauré par l’Accord multifibre, qui a régi le commerce mondial du textile et de l’habillement pendant une trentaine d’années, a été aboli.
Selon une étude du Ministère des Finances et des Privatisations « enjeux pour le Maroc du démantèlement de l’AMF », si la perte des conditions préférentielles dont jouissait la production marocaine sur les marchés européens va exacerber la concurrence asiatique sur l’industrie nationale, celle-ci dispose toutefois d’un certain nombre d’atouts, comme : une compétitivité coût indéniable sur certains produits ; une proximité qui favorise la gestion de séries courtes et permet un achalandage réactif aux variations de la demande ; des spécialisations produits moyennement concurrencées par la Chine, si l’on en juge par le degré de similarité des produits exportés.
Pour affronter la concurrence internationale, les opérateurs marocains ont élaboré un plan stratégique de grande ampleur qui privilégie les objectifs de qualité et de compétitivité visant une production à plus grande valeur ajoutée et à plus forte intégration verticale. Les actions envisagées portent sur les activités d’ennoblissement, des investissements supplémentaires, des efforts en innovation et R&D et la mise en œuvre de cycles de formation aux différents niveaux de qualifications, le passage de la sous-traitance à la co-traitance, l’amélioration des circuits de distribution et des investissements dans les technologies de l’information pour optimiser les moyens et permettre une meilleure gestion des commandes et des délais d’exécution.
L’accord-cadre 2002-2010 signé par l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH) a mis en place un fonds de restructuration (FORTEX) doté de 10 millions d’euros. L’industrie a également été réorganisée en 4 filières (chaîne et trame, maille, jeans et « sportswear », textiles de maison) afin de déployer des approches marketing groupées et de favoriser les synergies.
Enfin, l’accord de libre-échange récemment conclu avec la Turquie, producteur important et diversifié de textiles, est un élément décisif de cette stratégie puisqu’il permettra aux entreprises marocaines de s’y approvisionner en textiles tout en respectant les règles d’origine de l’Union européenne. L’accord de libre-échange avec les Etats-Unis pourrait également favoriser de nouvelles opportunités pour le textile marocain.
jeudi 23 novembre 2006, par Webmaster
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