Analyse par Pays

1.1 - Données Géo-économiques

Grâce au Canal de Suez, « la ligne vitale » qui relie la Mer Rouge et la mer Méditerranée, l’Égypte joue un rôle stratégique dans la région depuis plus d’un siècle. Du fait de sa population importante, de son influence sur les pays arabes, de sa position géographique, l’Egypte est en outre un pays médiateur au Proche-Orient.

Engagée dans un ambitieux programme de réformes économiques et structurelles depuis 1991, l’Egypte est actuellement dans une phase importante de transition d’une économie centralisée à l’économie de marché. Après le remaniement ministériel de juillet 2004, la nouvelle équipe s’est attachée à faire progresser la libéralisation commerciale et financière et le programme de réformes économiques et structurelles.

Entre 2000 et 2003, l’Egypte a enregistré un taux de croissance moyen de 3,5% en raison notamment de chocs exogènes, tels que les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak. Cependant, bénéficiant de la reprise mondiale et de la dépréciation de la livre, la croissance ne cesse de s’améliorer avec 4,1% en 2004, et des prévisions de 4,8% en 2005 et de 5% en 2006 (d’après le FMI), dopée également par une forte croissance de la demande dans le secteur du tourisme et une reprise de l’investissement. Les principales rentes de l’Egypte proviennent des recettes du tourisme (6,4 milliards USD en 2004-2005), des transferts des travailleurs émigrés (4,3 milliards USD), des recettes du Canal de Suez (3,3 milliards USD) et des exportations de pétrole (1,2 milliards USD).

Le secteur agricole est l’un des principaux secteurs économiques de l’économie Egyptienne, il emploie près de 30% de la population active et contribue à hauteur de 13,9% au PIB,

Les secteurs du pétrole et du gaz représentent environ 9% du PIB et un tiers des exportations de marchandises. Ils sont très attractifs pour les investisseurs étrangers et des découvertes régulières continuent d’alimenter les réserves et la production de gaz naturel de l’Égypte. Le pays tente de développer sa capacité d’exportation de gaz naturel par la réalisation de projets de construction de gazoducs. L’Égypte pourrait ainsi devenir le sixième exportateur mondial à l’horizon 2007. Le secteur industriel représente 20% du PIB et emploie 14% de la population active. Il englobe une grande variété de branches d’activité, les plus importantes étant la métallurgie et les produits métallurgiques, l’agroalimentaire, l’industrie chimique et le textile. Le secteur de la construction et du BTP a enregistré un boom grâce à la forte demande régionale de reconstruction des pays du Golfe Persique et de la dévaluation de la livre égyptienne. L’un des objectifs essentiels du gouvernement est d’accroître la compétitivité des entreprises privées du secteur manufacturier. Il a lancé à cette fin un programme de modernisation industrielle afin d’aider les entreprises à se développer, de renforcer les capacités des associations professionnelles et du Ministère de l’industrie et d’améliorer le cadre institutionnel. Le budget total de ce programme est de 430 millions EUR, dont 250 millions proviennent de l’UE.

Le secteur des services contribue à près de la moitié du PIB égyptien ; le Canal de Suez et le tourisme en sont les principales composantes. Ils constituent une source importante de devises extérieures et le moteur de la croissance. Malgré l’insécurité dans la région, le nombre de touristes a dépassé les 6 millions en 2004 et les recettes ont atteint 4,6 milliards USD.

Le commerce extérieur joue un rôle important dans l’économie égyptienne, les exportations de marchandises et de services ont été le moteur de la reprise économique actuelle. Le taux des exportations est en augmentation depuis la dépréciation de la monnaie nationale en 2003-04 et est estimé à près de 30% du PIB pour les deux années à venir. Les principaux produits d’exportation sont les combustibles, les produits manufacturés et les produits agricoles, essentiellement le coton. La part des textiles dans les exportations de marchandises a baissé progressivement de 16,6% en 1995 à 4,5% en 2003. L’Égypte importe la majorité de ses biens de consommation et biens d’équipement et 14% des importations proviennent des zones franches égyptiennes. L’Union européenne est son principal fournisseur (40% des échanges globaux) suivie par les USA (14% des échanges). Les principales importations de l’UE de produits égyptiens sont l’énergie (42%), les textiles et les articles d’habillement (16%), les produits agricoles (10%) et les produits chimiques (6%). Quant aux échanges avec les pays arabes, ils augmentent sensiblement (10 à 13% du total).

Les accords préférentiels revêtent de plus en plus d’importance dans les relations commerciales de l’Égypte. L’Accord d’association avec l’Union européenne dans le cadre du processus de Barcelone, signé en juin 2001, est entré en vigueur le 1er juin 2004. Il prévoit l’établissement à terme d’une zone de libre-échange. Dans une première phase, cet accord offre aux exportateurs égyptiens un libre accès au marché européen pour les biens industriels et pour les biens agricoles qui n’entrent pas en concurrence avec la production européenne. En contrepartie, l’Égypte doit supprimer progressivement les tarifs appliqués aux quatre catégories de biens suivantes : les importations de matières premières et d’équipements industriels seront totalement libéralisées en 2007, celles de produits semi-finis en 2010, celles de biens de consommation finale en 2013, et celles d’automobiles en 2016. Par ailleurs, un accord de libre échange a été signé entre l’Egypte et les USA, le Trade and Investment Framework Agreement (TIFA) permettant l’entrée en franchise de taxes et droits de douane et sans quotas de certains produits notamment textiles aux USA. Sous l’égide des États-Unis, l’Égypte et Israël ont conclu le 14 décembre 2004 un protocole commercial établissant des zones industrielles qualifiées « QIZ » en Égypte. Les produits provenant de ces zones sont admis en franchise de droits de douane et sans quotas sur le marché américain à condition qu’au moins 35% de leurs composants soient le fruit d’une coopération entre Israël et l’Égypte et que 11,7% des intrants proviennent d’Israël. En février 2005, 397 sociétés étaient en activité dans les QIZ, dont 300 dans le secteur du textile et de l’habillement. Par ailleurs, l’Égypte a rejoint en 1998 les 22 membres de la Ligue arabe au sein de la grande zone arabe de libre échange (GAFTA). L’Égypte a signé le 25 février 2004 un accord de libre-échange avec la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, l’Accord d’Agadir, qui engage les parties à éliminer l’essentiel des droits de douane sur leurs échanges réciproques dès le 1er janvier 2005 et à intensifier leur coopération économique en matière de normes et de procédures douanières. L’Égypte fait également partie du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) depuis 1998. Enfin, l’Egypte a signé un accord de libre échange avec la Turquie en décembre 2005.

En septembre 2003, le Premier ministre Ahmed Nazif a présenté un programme économique qui a pour objectifs d’assurer la stabilité macro-économique, de créer un climat favorable aux affaires, d’attirer des investissements étrangers directs et de développer le marché des capitaux afin de promouvoir une croissance fondée sur l’exportation et la participation du secteur privé. Ce programme comprend la reprise des privatisations (entre juillet 2004 et avril 2005, 22 entreprises ont été privatisées engendrant des recettes de 3,3 milliards LE, env. 1,45 milliards EUR) et la relance des réformes structurelles jusqu’ici différées, notamment celle du secteur bancaire. La réforme bancaire prévoit l’absorption de six petites banques par leur maison mère, l’ouverture du capital des banques mixtes aux investisseurs privés et la privatisation en 2006 de la « Bank of Alexandria » , l’une des quatre grandes banques publiques qui dominent le marché. En outre, un projet de restructuration des dettes des entreprises publiques envers les banques est en cours. Dans le secteur des assurances, le plan prévoit d’augmenter la participation du privé notamment par la privatisation de l’une des quatre compagnies d’assurance publiques. D’autres mesures sont en cours pour développer le crédit immobilier, élargir le marché des capitaux et renforcer la réglementation et la supervision des marchés financiers.

Par ailleurs, une baisse substantielle des droits de douane a été appliquée pour se conformer aux règles de l’OMC, faisant passer le taux moyen de DD de 14,6% à 9,1%. La plupart des autres taxes sur les exportations et les importations ont été supprimées et les formalités douanières ont été simplifiées. De même, une loi fiscale qui prévoit un réaménagement du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (réduction des taux d’imposition) et une diminution de 50% de l’impôt sur le bénéfice des sociétés a été ratifiée en 2005. A noter enfin que l’Egypte a adopté en 2003 un régime de taux de change flottants déterminés par le marché avec l’instauration d’un marché de changes interbancaire, entraînant la quasi-disparition du marché parallèle.

jeudi 23 novembre 2006, par Webmaster

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